Le stress du chien

Stress et société

Dans cet article nous allons parler de chiens bien sûr, mais aussi d’humains et de babouins ! Nous allons même commencer par ces derniers. Robert Sapolsky, professeur et chercheur à l’université de Stanford est spécialiste du stress. Il partage son temps entre la Silicon Valley et la réserve de Masaï Mara, au Kenya. Là-bas, il étudie les babouins, et plus exactement le stress chez ces primates. Il ressort de ses études, que les babouins consacrent environ trois heures par jour à la recherche de ressources alimentaires. Le reste du temps, devinez ce qu’ils font ? Ils se rendent la vie infernale. Les babouins sont sadiques. Les plus forts et les plus malins s’autorisent tout, et martyrisent les subalternes qui font de même avec d’autres subalternes et les femelles etc. ça ne vous rappelle pas un peu les sociétés humaines ?

Eh bien figurez-vous, que Sapolsky arrive à la conclusion que le stress est directement lié à la place dans la société des primates. Mais le plus effrayant est que Michael Marmot, dans son étude « White hall », menée en Angleterre arrive aux mêmes conclusions en ce qui concerne les humains.

Comprendre le stress

Une pointe de stress a pour but de vous sauver la vie. Vous voyez ce qui ressemble à un serpent. L’info file droit au cerveau limbique et une petite noix qui porte le nom d’amygdale tire une sonnette d’alarme. Le cerveau reptilien (tronc cérébral) gère vos réflexes. Il est activé, tout comme votre Système nerveux sympathique, qui joue le rôle d’accélérateur. Tout ceci se fait sous l’influence de l’Adrénaline et du Cortisol. Votre respiration s’emballe pour amener plus d’oxygène et le cœur s’accélère, pour distribuer au plus vite le sang et l’oxygène aux muscles. Vos pupilles se dilatent pour mieux voir le danger. Votre foie décharge un maximum de glucose, sous l’influence du cortisol. Vous allez avoir besoin de sucre pour fuir ou vous battre. Vous ne fabriquez pas de salive, ce n’est pas le moment de digérer. En un temps explosif, vous voici devenu une machine de guerre. Toutes vos énergies sont tournées vers l’ennemi. Ce n’était pas un serpent, mais un tuyau : tout rentre dans l’ordre.

Sauf que…

Le stress tue…

Notre société produit du stress chronique, avec ces mêmes réactions en chaîne. Quand une gazelle est coursée par un guépard, l’attaque dure quatre minutes. Cinq minutes plus tard, elle broute l’herbe. Quand votre patron ne reconnaît pas votre valeur, votre stress dure indéfiniment. Pire, vous le créez en repensant à la phrase assassine qu’il vous a lancée et en racontant l’anecdote à votre voisin, ami, femme… Et ce pendant des mois.

Pendant un stress de quatre minutes, l’organisme ne cherche pas à digérer, à se reproduire, à se reconstruire… La question est la suivante : quand vous êtes sous stress chronique, pensez-vous que votre organisme puisse faire la différence ? A-t-il les moyens d’une bonne digestion ? Peut-il mettre en œuvre ce qu’il faut pour faire un enfant ? A-t-il les possibilités de réparer votre transit ou autre faille dans le système ? NON.

Le stress chronique est responsable de notre obésité, des maladies cardio-vasculaires, des dépressions, du diabète, de la faiblesse de notre système immunitaire, des allergies etc.

Et nos chiens dans tout ça ?

Le stress du chien

Lorsque nous vivions en campagne, les chiens vivaient dehors mais avec nous. Ils travaillaient quand on le leur demandait. Ils recevaient leur pitance et un peu d’affection. Pas trop. Mais a contrario, le travail terminé, ils allaient se promener seuls, dans le village. Ils attrapaient des rongeurs, buvaient l’eau de la mare, dormaient au soleil, faisaient leurs besoins quand ils le voulaient. C’était les chiens d’avant la fourrière.

La vie de nos chiens aujourd’hui est-elle stressante ? Je n’évoque pas ici le chien de travail, qui fait l’objet d’une page à part. Je vous laisse répondre après lecture de ce paragraphe :

Je suis, je suis… top, c’est parti : je suis un animal qui reste seul dans un appartement de 7 heures à 16 heures, je ne mange pas de la journée, je me retiens tout ce temps d’uriner, je n’ai rien à faire, pas l’ombre d’une activité, j’accueille mon maître avec joie mais il crie parce que j’ai fouillé la poubelle pour m’occuper un peu, je sors tenu en laisse, je n’ai pas le droit de courir ou sentir les phéromones des copains et copines, on tire sur ma laisse si je fais pipi au mauvais endroit ou si je veux dire bonjour à un copain, je mange le soir en quinze secondes chrono, je suis, je suis… allons… Ouiiiii !

Je suis un chien stressé ! Bonne réponse.

Ce que vous venez de lire, n’est rien d’autre que de la maltraitance passive, due à l’ignorance. Imaginez juste un instant, que vous n’ayez pas le droit de vous rendre aux toilettes sur votre lieu de travail. Vous démissionnez ? OUI. Mais vous devez garder votre emploi. Que faites-vous ? Vous fabriquez du stress.

Le stress chronique fait plus de dégâts que la malbouffe. Acheter les bonnes croquettes c’est super, passer au BARF, c’est extra. En ce qui nous concerne, passer au BIO et au Végé, c’est top.

Mais éviter le stress chronique à nos chiens comme à nous-mêmes, c’est l’urgence.

Crédit photo : Fran Mother (pixabay)