Chien dans la ville

Quelle place notre société laisse-t-elle au chien ?

Plus exactement, dans quelle mesure le chien peut-il vivre décemment dans un environnement aussi étranger à ses besoins éthologiques que la ville ?

Jean-Claude ARNAUD, fondateur de l’ACCEFE s’est posé ces questions et y a répondu en créant le concept CVCV© : chiens dans la vie, chien dans la ville. Depuis 2007 le concept s’est transformé en formation à destination des éducateurs canins.

Pour comprendre le concept, il est nécessaire de comprendre la vie que nous réservons à nos chiens en ville. Le plus souvent tenu en laisse, notre compagnon voit ses sorties réduites à une balade où le trajet lui est imposé, les pauses pipi également et les possibilités de sentir le marquage des congénères interdites. Courir reste un doux rêve pour notre chien car les parcs où il est accepté imposent la tenue en laisse.

Face à ce constat, deux voies s’offrent à nous : entrer en rébellion, se moquer des règles de société et laisser s’ébattre Kiki selon ses lois naturelles ou bien lui inventer un mode de vie qui respecte à la fois ses besoins éthologiques autant que le cadre citadin.

La formation CVCV© et donc, les balades du même nom répondent à cette deuxième optique.

Faire accepter le chien par les citadins est la première épreuve.

Rien de plus agaçant que de voir un propriétaire « oublier » de ramasser les déjections de son chien. La ville n’est pas le monde du chien et ce dernier se réfère à moi pour se conduire au mieux. Je suis ainsi son référent, il m’appartient de faire ce qu’il ne peut pas faire : laisser la place propre.

Le terme de référent est aujourd’hui largement employé par les propriétaires de chiens sans pour autant comprendre la richesse de l’idée. Etre le référent du chien c’est tout mettre en œuvre pour que ce dernier se tourne vers nous avant d’agir. Cela passe par l’enrichissement de la relation humain-chien. Regardez autour de vous, observez les chiens dans la rue. Combien lèvent la tête vers leur propriétaire pour lui demander : on traverse ? Par où on passe ? Le chien qui arrive, on en fait quoi ? Le bonhomme en face, il est bizarre, je grogne ou pas ?

Le plus souvent, à mon grand désarroi, je vois des chiens qui avancent en laisse sans se soucier du maître ou pire, des maîtres, l’œil rivé sur le smartphone et un chien « abandonné » à sa balade.

Quand un chien se permet de régler une situation, il a le plus souvent regardé son maître pour l’interroger du regard. Comme il n’a pas obtenu de réponse, il agit seul.

Les sorties en ville dites « CVCV© » enseignent comment retrouver cette communication manquante dans le binôme chien-humain. En utilisant le mobilier urbain, en respectant les règles de sécurité et les règles sanitaires, le groupe de propriétaires, guidé par un éducateur certifié, découvre la possibilité de transformer une balade quelconque en un terrain de travail.

Rappelons que le travail est source de bonheur pour le chien. Il y trouve un moyen de collaborer avec son maître. Il y trouve aussi la possibilité de jouer un rôle social.

Vous en doutez ? Faites donc l’expérience d’occuper un chien pendant que trois autres regardent. Ils ne seront pas longs à aboyer pour demander à participer.

Ainsi, traverser un simple passage piéton devient un véritable travail engagé pour le chien si le maître met en place un rituel incluant toutes les phases comportementales. Une première phase dite appétitive durant laquelle le binôme se connectera. Une demande précise et claire incite le chien à réfléchir avant d’agir. Dans la phase de consommation, le chien exécute la demande avec un plaisir malin. En phase d’extinction, il note la joie de son maître et se sent utile. La relation entre les deux s’enrichit très vite. À mesure que les exercices (autour de bancs, de plots, de poteaux etc.) se déroulent, le lien qui unit le binôme se resserre et s’enrichit. Il ne s’agit pas d’agility en ville mais de travail sur la relation pour une meilleure entente entre deux éléments d’un binôme. En parallèle, le chien effectue un travail cognitif qui le fatigue bien plus qu’un footing.

Le bénéfice d’une balade CVCV© est triple : le chien rentre fatigué de sa journée. Il est plus proche de son maître. Ce dernier a pris conscience des besoins de son chien.

La plupart des éducateurs formés à l’ACCEFE sont titulaires de la certification CVCV©.

Renseignez-vous ici pour trouver l’éducateur de votre région.

Pour ma part je suis à Paris, Saumur et Loudun.